Vous ressentez peut-être le besoin d’un lieu, dans votre quotidien, qui échappe au bruit et à l’agitation — un endroit où vous vous sentez enfin aligné·e. Mais recréer ce sentiment sur commande, chez soi, n’a rien d’évident.

Le monde dans lequel nous vivons n’est pas naturellement sacré. Bien sûr, dans sa forme originelle, la nature est splendide et de nombreux lieux naturels sont des invitations au sacré — mais c’est à l’homme de faire apparaître le sacré, l’invisible divin. Par le sacré, l’homme apporte la bénédiction des mondes supérieurs invisibles dans son être, puis dans sa vie, et enfin dans l’ensemble du monde manifesté. Voyons ensemble une des étapes importantes de ce processus : comment créer un espace sacré ?

Qu’est-ce qu’un espace sacré ?

Le monde qui nous entoure contient de nombreuses tendances contradictoires qui, par leurs luttes et leurs unions, forment un équilibre harmonieux. L’espèce humaine n’est pas séparée de cet équilibre : elle doit accomplir sa fonction dans l’équilibre des mondes et participer à la grande harmonie globale.

À l’intérieur de l’espèce humaine existent aussi de nombreuses tendances contradictoires qui, par leurs luttes et leurs unions, forment un équilibre harmonieux. Chacun doit trouver sa place dans la société humaine, et la société humaine elle-même doit trouver sa place dans l’harmonie des mondes.

Société sacrée ou profane ?

L’équilibre global des mondes est éternel, immuable, indestructible. Mais ne vous méprenez pas : cela ne décharge pas l’homme de son libre arbitre ni de la responsabilité qui est la sienne de s’approcher de la liberté avec conscience.

Si la société humaine ne se place pas consciemment à la juste place dans l’harmonie, cela n’affecte pas l’harmonie elle-même — mais la disharmonie générée par l’inconscience de l’homme est équilibrée par sa souffrance. Plus la société humaine se déphase par rapport à sa fonction de faire apparaître le sacré, plus il devient difficile pour les individus de le faire à leur tour. La création d’un espace sacré n’est donc pas à prendre à la légère pour qui veut accomplir sa destinée malgré la complexité de la société actuelle.

La majorité des influences est contraire au sacré

Pour créer un espace sacré, il faut d’abord être bien conscient·e que l’immense majorité des influences avec lesquelles nous vivons au quotidien n’est pas sacrée — bien souvent, elles sont profanes, c’est-à-dire contraires au sacré. Il faut aussi être conscient·e qu’il n’est pas possible de placer la totalité de sa vie dans le sacré. Une partie de notre vie est liée aux mondes cycliques : elle sera donc recyclée et ne peut pas devenir sacrée.

Cela fait apparaître un point fondamental : il existe une séparation, une frontière. Plus la séparation entre ce qui est sacré et ce qui est recyclable est évidente, plus il devient possible de faire apparaître le sacré dans la vie de l’homme. À l’inverse, si l’on ne tient pas compte de cette frontière, tout se mélange et se confond. Comment créer un espace sacré sans discernement ? Par manque de discernement, on en vient à jeter le sacré dans le bac à compost et à encenser les épluchures.

Lieu et temps sacré

Dans la tradition de la sagesse, cette démarcation a toujours été nette. Bien souvent, le lieu sacré est le temple, l’église, la mosquée, la synagogue, ou d’autres noms selon les époques et les cultures. Dans toute culture, on reconnaît l’espace sacré comme le lieu de concentration — l’endroit où l’on se détourne du profane pour faire apparaître le sacré. L’espace sacré n’est donc pas systématiquement une enceinte fermée.

Le sommet d’une montagne, le pied d’un grand arbre, le bord d’une rivière, une source, peuvent également être des lieux propices pour faire apparaître le sacré. Mais dans tous les cas, il y aura une limite temporelle : vous n’êtes pas capable de vous concentrer à chaque seconde de votre vie. Vous avez besoin d’une respiration entre la concentration sur le sacré et l’immortel, et la détente dans le monde cyclique. En revanche, si une société se détourne du sacré et se contente de vivre dans le recyclage et le profane, elle engendre un grand déséquilibre — et donc une grande souffrance, un étouffement pour les humains qui la composent et pour les règnes de la nature.

L’espace sacré intérieur

L’espace sacré est fondamentalement un espace intérieur en vous, un organe subtil. Et le lieu où vous développez cet organe est le temple. Puisque vous existez dans le monde matériel, vous avez besoin de faire apparaître l’espace sacré dans le monde matériel : cela agit comme une protection par rapport aux mondes spirituels illusoires, et stabilise la concentration pour les jours de faiblesse.

La conscience matérialiste est si forte à notre époque qu’il est plus sage de faire apparaître l’espace sacré jusque dans le plan physique, en disposant d’un lieu spécialement dédié au travail sacré. Il est aussi plus facile d’avoir des objets uniquement dédiés au sacré pour soutenir la concentration. Si vous faites votre travail sacré au milieu de votre salon en utilisant les objets de votre quotidien, cela demandera une concentration beaucoup plus importante pour vous extraire des influences du monde cyclique. À l’inverse, un lieu et des objets utilisés de manière systématique pour des cultes sacrés durant des années, voire des siècles, ont toutes les chances de vous guider naturellement vers le sacré.

C’est précisément dans un tel espace dédié que peut se préparer un travail plus profond, comme celui du grand rituel du désenvoûtement.

Faire apparaître le sacré dans votre vie

Si ce texte a fait écho en vous, plusieurs chemins s’offrent à vous selon là où vous en êtes :

Parler de votre situation — pour échanger sur ce que vous traversez et voir ensemble ce qui peut vous aider.

« L’Éveil du Vrai » — pour un premier pas complet dans l’approche de la Théo-psychologie.

Gaëtan Victor Léon est thérapeute et enseignant spirituel en Théo-psychologie. Ancien psychothérapeute, il accompagne les personnes en quête de sens, en crise de vie ou en épuisement profond, pour retrouver leur souveraineté et leur nature réelle. Pour en savoir plus sur son parcours, direction la page « Qui suis-je ? »